Programme « Lundis de la philosophie » S1 2017-18

PROGRAMME DU PREMIER SEMESTRE 2017-2018

« Les lundis de la philosophie ». Séminaire de Francis Wolff
Quelques aspects de la philosophie en train de se faire
Toutes les séances ont lieu le lundi de 17h à 19h, ENS, 45 rue d’Ulm, en salle Dussane.

2 octobre 2017 : Francis Wolff (École normale supérieure): 

  • Liberté et langage
  • Résumé: « Un agent est libre s’il peut être tenu pour cause de certains événements qui, par là même, ne sont plus des événements mais des actions, les siennes. Corrélativement ces actions sont libres si, au contraire des événements qui sont causés par d’autres événements, elles n’ont d’autre cause que le sujet lui-même.
    Nous montrerons que, pour qu’une action soit libre, il faut qu’elle ne soit pas seulement l’effet d’un désir conscient, mais d’un désir de second ordre, autrement dit d’une volition. Un désir est un événement de conscience, qui, en tant que tel, est causé par d’autres événements mentaux ; mais une volition est un acte de conscience d’un sujet qui n’a d’autre cause que le sujet lui-même.
    Nous montrerons qu’une telle structure « plissée » de la conscience est rendue possible par la structure prédicative (S est P, S n’est pas P) et indicative (je te dis que) du langage humain.
    Nous montrerons enfin qu’une telle définition de l’action libre permet de rendre raison des caractéristiques classiquement prêtées à la volonté et à la liberté. La volonté est opposée aux désirs occurrents. Elle suppose la négation. La liberté se connaît sans preuve puisque nous la sentons en nous ; elle est la source de la responsabilité morale et de la responsabilité juridique dans les systèmes rationnels de Droit : c’est pourquoi elle comporte des degrés. Enfin on explique pourquoi l’action libre est souvent décrite comme contrariant le déterminisme naturel. »
  • 9 octobre 2017 : Étienne Tassin (Univ. Paris VII-Denis Diderot):
  • La condition migrante : une nouvelle approche du cosmopolitisme ?
  • Résumé:  « Avec les transformations écologiques qui frappent l’ensemble de la planète et requièrent à la fois de nouvelles dispositions politiques et de nouveaux acteurs internationaux voire transnationaux capables d’affronter un problème global et non plus national, les migrations constituent certainement le fait majeur appelé à modifier de fond en comble notre perception, notre compréhension et notre manière d’agir collectivement dans une perspective cosmopolitique. Elles font émerger, quoi qu’on en dise, de nouveaux sujets indéfinissables et inassignables de ce qu’on devrait dorénavant nommer une xénopolitique. Et exigent donc de nous de réfléchir à une nouvelle approche, proprement politique, du cosmopolitisme.
    Cette perspective exige de répondre à plusieurs questions corrélées. Que signifie la condition migrante comme condition d’existence aujourd’hui ? En quoi transforme-t-elle nos représentations et nos pratiques de la politique ? Quelle figure du cosmopolitisme dessine-t-elle qui ne se situe ni simplement sur un plan éthique, ni simplement sur un plan juridique ; qui ne soit pas un simple arrangement international ni l’instauration d’un ordre mondial mais une constellation significative de luttes d’émancipation ? Enfin, quels sont les sujets de cette cosmopolitique active fondée sur l’étrangeté des étrangers, qui en fait une xénopolitique ? C’est à ces questions que nous essaierons de réfléchir, sans esprit de système et en essayant de se tenir au plus près de l’expérience. »
  • 16 octobre 2017: Jocelyn Benoist (Univ. Paris 1-Panthéon-Sorbonne):
  • Ce qui est donné et ce qui ne l’est pas
  • Résumé: « On interrogera un des motifs constitutifs de l’idée de métaphysique : celui suivant lequel certaines choses, auxquelles nous référons, se situeraient au-delà du donné. En un premier temps, on essaiera de préciser la nature de cette représentation. L’affirmation selon laquelle souvent nos actes ou attitudes n’impliquent pas ni ne réclament en quoi que ce soit que ce à quoi ils réfèrent puisse ou doive être donné, paraît difficilement contestable, mais sa trivialité, semble-t-il, passerait tout simplement à côté du point disputé : à savoir l’idée d’un dépassement du donné, ou d’un défi adressé au donné. Pour qu’une telle tension ait un sens, il faut faire droit à une impossibilité positive d’être données, qui affecterait certaines choses – et, peut-être, seulement en un second temps, par contrecoup, les choses en général, précisément en tant que choses. On s’interrogera sur certaines des figures philosophiques traditionnelles de ce non-donnable en tant qu’au-delà supposé du donné. On essaiera de voir en quoi il est parfaitement vrai – et trivial – que ce non-donnable ne peut pas l’être, tout en démystifiant cette impossibilité, qui n’est pas impossibilité de quoi que ce soit qui pourrait être possible, c’est-à-dire dont il y aurait un sens à ce que ce le soit. En définitive, on dédramatisera autant que faire se peut l’impossibilité d’être donné, tout en veillant à respecter la part du drame là où elle est sans doute inévitable, frayant ainsi le chemin d’un sens de la métaphysique à un autre. »
  • 23 octobre 2017: Louis Lourme (Labo. SPH, Univ. Bordeaux Montaigne):
  • La question de la citoyenneté mondiale aujourd’hui.
  • 6 novembre 2017: Daniel Andler (Univ. Paris-Sorbonne):
  • Le naturalisme et la question du dernier mot
  •  20 novembre 2017: Pascal Ludwig (Équipe SND – Univ. Paris-Sorbonne):
  • La transparence de l’expérience sensible
  • 27 novembre 2017: Mathilde Unger (Univ. Strasbourg)
  • L’Europe, une constitution sans projet politique
  • 4 décembre 2017: Muriel Cahen (Institut Jean Nicod ENS-EHESS):
  • L’unité des objets à travers leurs changements
  • 11 décembre 2017: Nicolas Baumard (Institut Jean Nicod ENS-EHESS):
  • L’origine des religions morales
  • 18 décembre 2017: Manon Garcia (Safra Cent. for Ethics – Harvard Univ.):
  • De la nécessité du concept de soumission. L’exemple du patriarcat.
  • 15 janvier 2018: Claude-Olivier Doron (Univ. Paris VII-Denis Diderot):
  • De l’altération. Réflexions sur une figure historique de la différence anthropologique
  •  22 janvier 2018: Vanessa Nurock (Univ. Paris VIII):
  • La morale au-delà de l’opposition naturalisation/ artificialisation