Humanité/ Animalité

Qu’est-ce qu’un être humain? Telle est la question centrale des recherches philosophiques de Francis Wolff

Quatre ouvrages principaux définissent les contours de son anthropologie :

Notre humanité, d’Aristote aux neurosciences , Fayard, 2010 ;

Il n’y a pas d’amour parfait , Fayard, 2016,

Trois utopies contemporaines, Fayard, 2017;

Philosophie de la corrida, Fayard, 2007, rééd. Hachette Pluriel, 2011.

Voir aussi les articles et chapitres de livres.


L’être humain est un animal parlant. Beaucoup d’animaux sociaux peuvent se communiquer des informations, mais l’être humain  dispose, et lui seul, d’un langage articulé qui a quatre caractéristiques principales.

Le langage humain a une capacité infinie: il y a toujours une infinité d’énoncés possibles et compréhensibles, qui n’ont jamais été prononcés ni entendus.

Le langage humain est fondé sur une structure prédicative: on parle de quelque chose (le « sujet », qui est commun aux deux interlocuteurs) et on en dit à quelque chose (le « prédicat ») qui peut toujours être révisé, à quelqu’un qui peut toujours  l’approuver ou non.

Le langage humain repose sur la négation, et donc sur la capacité à dialoguer, à nier, à contredire, à parler de ce qui est imaginaire, impossible, souhaitable, passé, futur, etc.

Enfin, le langage humain suppose que chacun puisse se référer à lui-même par un « je » et s’adresser à tout autre par un « tu ».

De là le monde humain: chacun est pour tout autre un autre comme il l’est lui-même, à l’infini. La réciprocité est le fondement du langage (qui repose sur la possibilité de parler à tout autre (l’interlocutivité). Elle est aussi le fondement de la justice globale (qui repose sur la pensée que chacun pourrait être un autre).