Penser avec les Anciens (Hachette-Pluriel)

Penser avec les Anciens. Un trésor de toujours, Hachette Pluriel, 2016.

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Réédition modifiée de L’Être, l’homme, le disciple, Figures philosophiques empruntées aux Anciens, PUF, coll. « Quadrige », juin 2000.

 

L’histoire, selon Thucycide, était un « trésor pour toujours ». La philosophie ancienne n’est-elle pas, à l’inverse, un « trésor de toujours » ? Car on peut encore penser avec les Anciens. Et sur trois points décisifs : l’être, l’homme et le disciple.
L’être, c’est l’objet rêvé et impossible. Car « tout est être », mais tout quoi ? Tout ce qu’on peut montrer, ou tout ce qu’on peut dire ? L’ontologie se construit, et se perd, en se partageant entre deux voies, Démocrite ou Platon : une physique ou une logique.
L’homme, c’est l’objet nécessaire et introuvable. Son ombre pèse sur les éthiques les plus opposées, d’Aristote à Épicure, et impose sa figure constante, entre deux autres, l’animal et le dieu.
Le disciple, c’est le destinataire privilégié. Trois figures en sont possibles (socratique, épicurienne et aristotélicienne), qui dessinent trois voies de la philosophie : une critique, un art de vivre, un savoir.

Socrate (PUF)

Socrate, PUF, « Philosophies », 1ère édition 1985.

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Derrière le mythe de Socrate il y a une énigme. Celui qui n’a pas écrit demeure aux yeux de tous LE philosophe, mais qui était-il réellement ? Que pouvons-nous savoir vraiment de sa philosophie ? Ce livre tente de faire le point sur le philosophe et sa philosophie.

Qui sont les inventeurs de la politique ?

Les aventures de la raison politique, Paris, éd. Métaillé, 2006.

La politique est-elle une invention grecque ? L’idée semble ethnocentrique. On peut en effet définir la politique par l’antagonisme de deux traits universels : la nécessité humaine de faire société et l’impossibilité de faire société sans une instance de pouvoir. On définira ainsi abstraitement la « démocratie » comme l’effort d’identification entre ces deux traits. On compare alors deux types de sociétés dont l’organisation visait à cette adéquation des deux instances opposées : les sociétés indiennes de la forêt telles que les décrit Pierre Clastres (La société contre l’Etat) où le chef a une autorité mais il est sans pouvoir; l’unité et l’ordre n’émanent pas de lui mais de la société elle-même, ils se confondent avec elle ; et le régime de Athènes classique défini par trois traits : l’isègoria ou droit égal de tous à la parole politique, la rotation des charges et le tirage au sort.

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Du métier de sophiste à l’homme-mesure

Manuscrito: revista internacional de filosofía, 5/2 (1982), p. 7-36.

En partant des premières définitions du sophiste dans le Sophiste de Platon, on se propose de reconstituer la pensée des sophistes historiques sans séparer les « doctrines » des pratiques professionnelles et de leur statut de professeurs salariés itinérants. On met ainsi en rapport les opérations économiques nécessaires à la conquête de marchés et les présupposés pédagogiques correspondant. À partir de la notion de « juste salaire », on montre l’équivalence sophistique entre langage et monnaie. On est ainsi conduit à suggérer quelques connotations de la fameuse formule de Protagoras « L’homme est la mesure de toutes choses »: pour une pensée de l’échange universel, l’homme semble être la seule unité de mesure de toutes choses qui s’échangent économiquement ou discursivement, et l’étalon de conversion des valeurs nécessaires à la communauté.

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Démocratie et vérité

Manuscrito : revista internacional de filosofía, 6/2 (1983) p. 151-171.

Partant de l’analyse de la célèbre formule de Protagoras « L’homme est la mesure de toutes choses » dans le Théétète de Platon, on montre qu’elle s’appliquait à deux types de situation: les sensations, et les opinions, c’est-à-dire à tous les cas d’opposition entre propositions prédicatives (« S est P », « S n’est pas P ») – ce qui explique l’autre formule célèbre du sophiste: « Sur tout sujet, il y a deux logoi en opposition ». On montre ensuite que cette conception « relativiste » de la vérité repose sur une même théorie de la vérité que celle élaborée par Platon et Aristote, la vérité-adéquation, avec l’ensemble de ses conditions logiques. L’opposition Protagoras/ Platon peut alors être interprétée comme un conflit interne à cette nouvelle « vérité » (par opposition à la « vérité archaïque » des « maîtres de vérité » qui disent vrai par l’autorité dont ils sont investis). Ce conflit oppose les vérités épistémiques et les vérités toxiques, et il est le reflet de l’opposition entre les procédures d’établissement des vérités dans le domaine mathématique (démonstration) et dans le domaine politique (selon les règles de la démocratie athénienne) qui sont inventées à la même époque. Le rôle de la contradiction est inverse dans les deux types de procédures : signe de fausseté dans un cas, condition d’acceptation des vérités partagées dans l’autre cas.

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